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Athènes nomma son tribunal le plus solennel pour les affaires d’homicide d’après la tradition selon laquelle Arès lui-même y fut jugé par les dieux assemblés pour avoir tué Halirrhothios, fils de Poséidon, qui avait agressé sa fille Alcippé : l’Aréopage, « colline d’Arès ». Ce tribunal issu de ce mythe devint, pendant des siècles, l’instance jugeant les crimes les plus graves du droit athénien, héritage remarquable pour un dieu que les sources antiques traitent par ailleurs avec un mépris manifeste. Cette tension, une divinité que les Grecs anciens louaient rarement mais dont la mythologie fonde l’une des institutions juridiques les plus importantes d’Athènes, traverse tout ce qu’Arès représente : une violence qu’une civilisation ne peut simplement bannir, aussi malaisée qu’elle la rende.
Fils de Zeus et d'Héra
Arès est fils de Zeus et d’Héra, ce qui fait de lui l’un des rares grands dieux nés de l’union légitime du roi et de la reine plutôt que de l’une des nombreuses liaisons de Zeus. Cette naissance légitime ne lui garantit nullement le respect des autres dieux ; dans l’Iliade, Zeus lui-même dit directement à Arès qu’il est le dieu le plus haï de l’Olympe à ses yeux, une évaluation paternelle remarquablement directe.
La violence de la guerre, non sa stratégie
Arès gouverne la violence brute, l’effusion de sang et le chaos de la guerre, domaine qui le distingue nettement d’Athéna, l’autre divinité guerrière majeure. Athéna incarne la discipline, la stratégie et le combat pour une cause juste ; Arès incarne l’appétit du combat pour la violence, sans égard à la cause ou au résultat. Le récit grec présente systématiquement Athéna comme supérieure à Arès en confrontation directe.
Un dieu plus honoré en Thrace qu'en Grèce
Tandis que les sources grecques continentales traitent Arès avec un dégoût constant, des auteurs antiques dont Hérodote rapportent que les peuples thraces, au nord-est de la Grèce, tenaient Arès en véritablement haute estime, le considérant comme une divinité principale de leur panthéon. Cette variation régionale mérite attention : la mauvaise réputation d’Arès n’était pas universelle dans tout le monde méditerranéen antique.
Pris dans le filet d'Héphaïstos
Le mythe le plus célèbre concernant Arès implique sa liaison avec Aphrodite, épouse d’Héphaïstos. Lorsque le dieu solaire Hélios rapporte la liaison à Héphaïstos, le dieu forgeron fabrique un filet incassable et invisible, surprend les amants au lit, puis invite les autres dieux à assister à leur humiliation. Les sources antiques traitent cette scène avec une comédie manifeste, les autres dieux riant, dit-on, du spectacle.
Blessé par un mortel
Dans la guerre de Troie, Arès soutient le camp troyen, mais même lui se révèle vulnérable face à l’opposition mortelle. Le héros Diomède, directement aidé par Athéna, blesse Arès de sa lance, l’envoyant fuir vers l’Olympe avec un cri qu’Homère décrit comme équivalent à neuf ou dix mille hommes criant simultanément au combat.
Enfants de la Peur, de la Panique et de l'Harmonie
Avec Aphrodite, Arès engendre plusieurs enfants, dont Phobos (la Peur) et Deimos (la Panique), abstractions personnifiées qui l’accompagnent sur le champ de bataille, et Harmonie, qui malgré son nom né de l’union de la guerre et de l’amour épouse plus tard le héros fondateur Cadmos et devient reine de Thèbes.
Mars : un dieu romain bien plus honoré que son équivalent grec
L’équivalent romain d’Arès, Mars, occupe un statut nettement plus élevé que son original grec. Mars figure au centre de la mythologie fondatrice de Rome comme père de Romulus et Rémus, les fondateurs légendaires de Rome elle-même, ce qui en fait une figure fondatrice de l’identité civique et de la vertu militaire romaines.
Foire aux questions
Pourquoi Arès était-il si peu apprécié parmi les dieux olympiens ?
Arès incarnait la violence brute et indisciplinée de la guerre, sans égard à la cause. Zeus lui-même dit directement à Arès dans l’Iliade qu’il est pour lui le dieu le plus haï de l’Olympe.
Arès était-il vénéré positivement quelque part dans le monde antique ?
Oui. Des sources antiques dont Hérodote rapportent que les peuples thraces tenaient Arès en véritablement haute estime comme divinité principale, contrairement au dégoût constant des sources grecques continentales.
Que s'est-il passé quand Héphaïstos surprit Arès avec Aphrodite ?
Héphaïstos fabriqua un filet invisible et incassable, surprit les amants au lit, et invita les autres dieux à assister à leur humiliation, scène que les sources antiques traitent avec une comédie manifeste.
Pourquoi Mars, l'équivalent romain d'Arès, est-il tellement plus respecté ?
Mars figure au centre de la mythologie fondatrice de Rome comme père de Romulus et Rémus, lui conférant un statut fondateur dans l’identité civique romaine qu’Arès n’a jamais atteint dans la religion grecque.







